April 18, 2011
Israël peut-il survivre? Par Guy Millière
Le dernier livre de Michel Gurfinkiel a été publié récemment. Il a été entouré du silence médiatique qui accompagne dans ce triste pays la sortie des livres qui, plutôt que d’enfoncer des portes grandes ouvertes et de disséminer des lieux communs débiles et débilitants, apportent connaissance et lucidité. Et c’est effectivement un livre qui apporte connaissance et lucidité.
Son titre est porteur, en ces heures où la dissémination de la haine anti-israélienne et le renouveau de l’antisémitisme avancent à grands pas, d’une gravité particulière. Et il pose une question qu’il semble effroyable de devoir poser, mais qui doit l’être néanmoins : Israël peut-il survivre ?
La réponse se trouve énoncée en vingt-six chapitres clairs, incisifs, documentés.
Michel Gurfinkiel commence par expliquer la situation particulière d’Israël : le pays n’a pas connu un moment de paix véritable depuis sa (re)naissance. Et les années qui ont précédé celle-ci n’ont elles-mêmes pas été des années de paix, très loin de là. Si une guerre devait éclater, ce serait, à proprement parler la douzième. Cette situation est particulièrement douloureuse pour un peuple qui, en son histoire, a autant souffert que le peuple juif.
Mais, poursuit Gurfinkiel, Israël, malgré cette situation, n’en est pas moins un pays dynamique, extraordinaire, un « miracle » permanent fait d’une myriade de miracles, porteur d’une expansion démographique sans pareille accompagnée d’une expansion économique elle-même sans pareille, tournée particulièrement désormais vers le domaine des hautes technologies.
Peut-être, en un monde où l’envie est bien plus répandue que l’amour de la réussite, ce miracle explique-t-il pour partie la diffamation et les campagnes de haine, les falsifications de l’histoire et les incriminations malveillantes que subit Israël. Il faut en tout cas dissiper les mensonges, et c’est ce que fait, ensuite, Gurfinkiel.
Expliquant qu’Israël n’est ni un Etat « colonial » ni un Etat « artificiel », il rappelle le passé, long et riche, la désertification imposée par les conquérants, l’exil, l’espoir du retour vers une terre qu’il a fallu abandonner et qui n’offrait plus aux visiteurs du dix-neuvième siècle qu’un visage de désolation. Il souligne la pleine légitimité, en droit international, du Mandat palestinien, l’inexistence d’un « peuple palestinien » selon les critères qui permettent de définir un peuple, l’évolution du discours des dirigeants arabes, passant de propos énonçant que le rapprochement entre le monde arabe et le monde israélite ne peut être que fécond, à une haine que le clan Husseini saura vilement attiser.
La suite est connue, mais, avec brio et érudition, Gurfinkiel, apporte de nouveaux éclairages.
Sur le départ des Arabes qui quittent le territoire d’Israël, au moment de ce qu’ils appelleront la Naqba, terme forgé au départ pour désigner l’année 1920, et non la (re)création d’Israël.
Sur le départ forcé des Juifs du monde arabe.
Sur le sort des populations chrétiennes au Proche-Orient.
Sur les crimes et destructions commis par les pays arabes vis-à-vis des villages juifs situés dans les terres prises par la prédation armée en 1948-49.
Sur la pérennisation du statut des réfugiés arabes et la création de cette agence très particulière qu’est l’UNRWA qui, dit Gurfinkiel, a conduit la société palestinienne à une culture de l’irresponsabilité et de la duplicité.
Dissiper les mensonges, poursuit Gurfinkiel implique de comprendre aussi que la détestation d’Israël a des dimensions métaphysiques qui renvoient à l’antisémitisme chrétien et musulman. Dans l’islam comme dans le christianisme, le « déni des origines juives » de la religion joue un rôle essentiel.
Les mensonges, si répandus, rendent le passage de la guerre à la paix particulièrement complexe et difficile. L’organisation politique du monde arabe, les alliances dont celui-ci dispose dans le camp dit « anti-impérialiste », complexifient encore la situation.
Israël, note Gurfinkiel, reste l’Etat « qu’on aime haïr ». Mais, continue-t-il, il n’en sera pas toujours inéluctablement ainsi. Les intérêts pétroliers dans le monde occidental ont joué un rôle vénéneux, mais ils sont destinés à décroître. Un lobby saoudien existe aux Etats-Unis, très ancré, financé par l’argent du pétrole, et il dispose de réseaux qui infiltrent les organisations de défense des droits de l’homme et le secteur des affaires, mais le peuple américain est très attaché à Israël pour des motifs qui tiennent à ce qui a fait l’Amérique : « américanisme » et judaïsme sont très proche, dit Gurfinkiel.
L’élection d’Obama a constitué un danger majeur, car Obama est un ennemi absolu d’Israël, mais, pense Gurfinkiel, Obama a échoué largement dans sa volonté de détruire l’Etat du peuple juif. Cette volonté n’a pas disparu chez Obama et au sein de la gauche américaine. Elle est très présente au Proche-Orient où l’Iran est particulièrement menaçant. Elle est très ancrée en Europe.
Gurfinkiel pense qu’Israël a néanmoins les moyens de l’emporter et de vivre.
Je partage ce message final. Et je ne doute pas qu’Israël vivra. Ce message est, bien sûr, très « politiquement incorrect » en France.
Raison de plus pour lire Gurfinkiel. Dès que possible.
Guy Millière
Michel Gurfinkiel, Israël peut-il survivre ? La Nouvelle Règle du Jeu. Editions Hugo et Cie. Prix : 19,50€
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Posted by ilovetlv at 3:59 PM 0 comments
June 9, 2008
Myths and Buildings of Tel Aviv
by Catherine Weill-Rochant
Tel Aviv, a paradox?
In this city of denuded concrete, where the unpleasantness of apparent ugliness always yields to the delights of a stroll, a delight that is more readily associated with more picturesque cities, the question that arises is how to account for this antinomy: how is it that Tel Aviv, such a decrepit city, so disparaged esthetically, can generate so much urbanity? How can a stroll by buildings with their loggias walled up with plastic shutters, facades elevated by hastily built additional stories, walls studded with the fans of air-conditioning units, stilt columns entombed in breeze block, still engender pleasant memories? This question presents even more sharply if one thinks on the contrary of the peculiar sensations of void experienced when touring old neighborhoods like the ones in Jaffa that were expensively renovated। Although entirely restored, repaved and spruced up, they generate no sensation, scant emotion, no sense of place. Here lies one of the crucial questions in city planning: what are the features that make for the ‘success’ of a city? This is probably the question all researchers in the field of urban history must grapple with. Through the study of spatial, social and architectural development, the goal is to find the keys to what make people like a city or hate it, by plunging into the process of its making. This analysis also calls for exploring the culture, the land, and the political situations that affected city growth. Tel Aviv is particularly suited for this type of study. First of all, it presents itself as a clearly identifiable corpus in time and space. It was founded as an independent entity, in 1909, on the dunes to the North-East of Jaffa and expanded during the Mandate period, spreading northwards up to the Yarkon River, westward to the sea, and eastward up to what is now the Ayalon highway. Secondly, this corpus is the result of both an interweaving of tensions with the local situation, and specific external ties: the city was imagined and built by groups of immigrants, vectors of architectural and urban thinking trained in Europe and driven by explicit societal planning on a land already carved up by conflicts. Lastly, Tel Aviv has been promoted and written about internationally, which facilitates an analysis of its image in the collective imagination and the disparities with historical reality revealed through scientific analysis. [...]
Read more : http://bcrfj.revues.org/index672.html
Vous pouvez consulter l’intégralité de ce dossier traduit en langue française sur le site du Centre de recherche français de Jérusalem : http://bcrfj.revues.org/document249.html
Deux ouvrages très intéressants de Catherine Weill-Rochant:
• L'Atlas de Tel-Aviv. 1908-2008
• Sur les traces du modernisme
Ce guide bilingue, français-hébreu, permet de découvrir, au fil de promenades commentées par des spécialistes, les trois plus importantes villes d’Israël : Tel Aviv, Haïfa et Jérusalem.
©Oleg ChermoshniukPosted by ilovetlv at 11:31 PM 0 comments

